Avant de vous parler de cet épilogue qui m'a carrément laissé sur une lettre qui se situe entre le P et le R, je dois vous en dire un peu plus sur le pitch de cette pièce.
FAIS PAS TA COCOTTE c'est l'histoire d'un directeur de théâtre qui vient d'apprendre de la bouche de Madame le maire que, demain, son théâtre allait être rasé pour laisser place à un parking jouxtant un futur grand centre commercial.
C'est donc, ce soir, la représentation de la dernière chance.
On joue la célèbre pièce de Feydeau dans les décors et les costumes de l'époque. Il faut que cette représentation soit un triomphe, car, comme elle est retransmise à la télé, le directeur souhaite en profiter pour alerter l'opinion public sur les vils projets de la première magistrate de la ville. Mais... tout ne va pas se passer comme prévu. Les décors et les costumes n'arriveront pas, ils ont brûlé dans l'accident de camion qui devait les apporter. Une comédienne est malade, un autre est en pleine dépression et les histoires d'amour et de tromperies entre les membres de la troupe ne vont pas arranger l'ambiance.
Bref, on joue dans deux heures et l'affaire est bien mal engagée.
Vous l'aurez compris, l'histoire se passe donc sur une scène complètement nue de décors.
Mais, tout est bien qui finit bien et dans l'épilogue on se retrouve six mois plus tard.
La maire a démissionné ; le théâtre, non seulement n'a pas été détruit, mais il a été rénové (par contre, pour savoir comment et pourquoi tout cela a été possible vous lirez la pièce. Je ne vais quand même pas tout vous raconter. Sic !).
C'est donc maintenant l'inauguration de ce nouveau théâtre et on y joue devinez quoi ? Un fil à la patte de Feydeau. Cette représentation qui six mois plus tôt n'a pas pu avoir lieu.
Et c'est là que la troupe a atteint l'apothéose et nous a littéralement subjugué, nous les spectateurs.
En trois minutes chrono, les acteurs on changé de costumes, se sont maquillés, coiffés comme au XIXème siècle, à l'époque de Feydeau. Les décors ont suivi le même chemin : de murs blancs et d'une scène quasiment vide, nous sommes passés à des tapisseries panachées avec bas-reliefs, peintures aux murs et mobilier d'époque.
Changement d'époque radicale pour un épilogue d'une duréee de quatre minutes seulement. Il faut dire que la troupe recèle d'ingéniosité pour faire tout cela en si peu de temps.
Bref, pour une surprise ce fût une surprise !
J'ai toujours été séduit par les représentations que je suis allé voir et suis toujours admiratif de la qualité du travail fourni par les troupes. Mais là les amis des Amis des planches ont poussé le bouchon encore un peu plus loin (Maurice) !